Innovations et perspectives dans le dépistage de la rétinopathie du prématuré
La rétinopathie du prématuré (ROP) est une cause majeure de cécité infantile, malgré des traitements efficaces. L’optimisation du dépistage reste un défi, notamment en termes de couverture et d’accessibilité. La télémédecine et l’intelligence artificielle (IA) offrent des perspectives prometteuses pour améliorer la détection et la prise en charge de la maladie. L’IA, en particulier, joue un rôle croissant dans l’identification de nouveaux biomarqueurs d’imagerie et l’optimisation des stratégies de dépistage, avec des modèles prédictifs atteignant une précision élevée. Par ailleurs, l’analyse de biomarqueurs sanguins, placentaires et génétiques permet d’affiner les critères de dépistage et d’évaluer le risque de progression de la ROP.
Les particularités du vitré chez le myope fort
La myopie forte est associée à de nombreuses modifications structurelles et fonctionnelles du globe oculaire, dont des altérations notables du vitré. Les modifications vitréennes participent au développement des complications de la myopie forte, notamment à travers la liquéfaction précoce du gel vitréen, la survenue de décollements postérieurs pathologiques du vitré et l’apparition de tractions vitréo-maculaires. Cet article passe en revue les particularités du vitré dans le contexte de la myopie forte, ainsi que leurs implications cliniques et thérapeutiques.
Altitude et chirurgie vitréorétinienne avec tamponnement : risques, précautions et alternatives
En zone montagneuse, le chirurgien doit concilier impératif de succès chirurgical et sécurité du retour au domicile. Si la cryoindentation reste la technique de choix pour éviter les contraintes d’une grande bulle de gaz intraoculaire, la vitrectomie impose une gestion rigoureuse du tamponnement. Le choix entre l’air (résorption rapide), les gaz expansifs (nécessitant une surveillance du volume résiduel) ou l’huile de silicone (insensible à la pression) doit résulter d’une stratégie personnalisée prenant en compte la sévérité de la pathologie, et l’altitude précise du trajet ou du lieu de villégiature du patient.
Prise en charge des néovascularisations compliquant la pachychoroïde
Pour les néovascularisations (NVC) de type 2 de la pachychoroïde, l’OCT spectral domain (SD), l’OCT-angiographie (OCT-A) structurel, fonctionnel, et l’OCT “en face” constituent les examens clés : détection de la pachychoroïde, visualisation des décollements plats et irréguliers de l’épithélium pigmentaire rétinien (FIPED), analyse quantitative et qualitative des NVC de type 2 ainsi que des caractéristiques exsudatives.
L’OCT-A, examen multimodal à part entière, peut aider à déterminer le rythme de suivi ou de traitement ainsi que le choix du traitement (anti-VEGF ou traitement combiné thérapie photodynamique à la vertéporfine avec anti-VEGF), grâce à la visualisation des caractéristiques néovasculaires (NVC débutants ou anciens) et de l’exsudation qui les accompagne.
Les NVC de type 2 débutants ou faiblement perfusés ne méritent d’être traités qu’en cas de croissance néovasculaire vérifiée en OCT-A structurel et “en face”. En revanche, des NVC de type 2 anciens et fortement exsudatifs ont un risque évolutif élevé vers la choroïdopathie polypoïdale, et devraient subir un traitement combiné agressif jusqu’à la résolution complète de l’exsudation.
L’œdème maculaire cystoïde post-chirurgie de la cataracte : de la prévention à la prise en charge thérapeutique
La chirurgie de la cataracte est l’acte chirurgical le plus…
Les occlusions de la veine centrale de la rétine à l’ère des anti-VEGF et de l’imagerie grand champ
L’imagerie moderne ultra-grand champ facilite grandement l’évaluation de la surface de la non-perfusion capillaire périphérique dans les occlusions de la veine centrale de la rétine. L’OCT-angiographie (OCT-A), dont le champ d’analyse est de plus en plus grand, permet également une meilleure évaluation de la perfusion des plexus capillaires. L’examen en tomographie par cohérence optique (OCT) de la macula reste indispensable au diagnostic et au suivi, en particulier pour détecter un œdème maculaire et les signes d’ischémie des couches internes. Les injections intravitréennes constituent le traitement de première intention de l’œdème maculaire. La photocoagulation panrétinienne conserve une place essentielle en cas de risque de néovascularisation. Le risque de conversion ischémique n’est que retardé par les anti-VEGF (vascular endothelial growth factor) et impose une surveillance rigoureuse.
Le futur du glaucome : apport de l’intelligence artificielle et de la génétique
Le glaucome, deuxième cause de cécité irréversible dans le monde [1], demeure un défi de santé publique en raison de son caractère asymptomatique aux stades précoces. Le dépistage précoce constitue donc un enjeu crucial, mais les approches actuelles, souvent opportunistes, restent limitées par un rapport coût/efficacité défavorable et par un trop grand nombre de faux positifs [2]. Les récentes avancées en intelligence artificielle (IA) et en génétique ouvrent des perspectives inédites. L’IA, notamment grâce au “deep learning” (DL), a démontré sa capacité à analyser les images du nerf optique et les champs visuels avec une performance proche, voire supérieure, à celle d’experts [3, 4]. Parallèlement, les études de génétique ont permis d’identifier plus d’une centaine de variants associés au glaucome, rendant possible la construction de scores polygéniques de risque (PRS) [5-7]. Ces outils offrent la possibilité de cibler des sous-populations à haut risque, améliorant ainsi la pertinence du dépistage et réduisant les faux positifs [8, 9]. L’intégration de l’IA et de la génétique dans une stratégie combinée représente une voie prometteuse vers un dépistage plus précis, personnalisé et équitable, bien que des défis demeurent concernant la validation, l’acceptabilité et l’applicabilité dans des populations diverses [10, 11].
Les recommandations actuelles pour le dépistage du glaucome
Le glaucome demeure une des premières causes de cécité irréversible dans le monde. Malgré des progrès considérables en matière de diagnostic et de traitement, sa détection précoce demeure un enjeu majeur de santé publique. En 2022, la Haute Autorité de santé (HAS) a publié de nouvelles recommandations françaises, tandis que la United States Preventive Services Task Force (USPSTF) a réévalué les données disponibles sur le dépistage du glaucome. Ces publications offrent un panorama complet et contrasté : la HAS plaide pour un dépistage ciblé des populations à risque, alors que l’USPSTF conclut à un niveau de preuve insuffisant pour recommander un dépistage de masse systématique. Cet article vise à synthétiser et contextualiser ces recommandations, en intégrant les données quantitatives issues des revues systématiques et des études cliniques récentes.
Imagerie de la rétinopathie diabétique : OCT-A versus angiographie avec colorant
L’imagerie multimodale est essentielle au diagnostic et à l’évaluation de la sévérité de la rétinopathie diabétique (RD), en constante évolution grâce aux avancées dans le domaine de l’OCT-angiographie (OCT-A). L’angiographie à la fluorescéine, bien que largement utilisée, reste invasive et ne permet pas d’analyse détaillée des différents plexus vasculaires. Les imageries OCT-A grand champ améliorent la détection des anomalies périphériques et permettent un suivi précis des patients diabétiques.
Toutefois, des travaux récents ont montré que même les champs les plus larges peuvent ne pas suffire pour le diagnostic des néovaisseaux prérétiniens. L’angiographie conserve donc un rôle clé pour analyser les diffusions et les lésions périphériques. Les deux techniques restent complémentaires pour un diagnostic et un suivi optimal.
Hamartome de l’épithélium pigmentaire rétinien
Un patient de 50 ans, sans antécédent médical ni ophtalmologique, est adressé pour la découverte fortuite d’une lésion parapapillaire inférieure de l’œil droit lors d’un examen de routine. L’acuité visuelle est conservée, sans plainte fonctionnelle associée.
Pseudovascularisation d’une logette d’OMC
Ce patient diabétique d’une quarantaine d’années présentait un œdème maculaire focal lié à un probable macroanévrysme temporal juxtafovéal. Après trois…



